Il y a 30 ans, le 17 avril 1996, 19 paysans sans terre, qui manifestaient pour le droit à la terre, ont été tués par la police brésilienne, événement plus connu sous le nom de massacre d’Eldorado do Carajás. Depuis, les agriculteurs du monde entier se mobilisent chaque 17 avril afin de faire entendre leurs voix et de commémorer les victimes de ce tragique événement. À Montpellier, une dizaine de membres et de soutiens de la Confédération paysanne de l’Hérault se sont réunis devant la Maison de l’Europe.
« C’est la journée où l’on fait entendre nos voix »
« C’est la journée où l’on fait entendre nos voix, où l’on dénonce à la fois les violences contre les paysans et le deux poids deux mesures que l’on peut rencontrer un peu partout », explique Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Hérault. Dès 10 heures du matin, ce vendredi, une dizaine d’exploitants se sont retrouvés dans la cour de la Maison de l’Europe. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Pour nous, en France, l’actualité récente et brûlante du monde agricole, ce sont les accords de libre-échange avec le Mercosur et avec l’Australie, ainsi que ce déni de démocratie que nous impose Ursula von der Leyen en ayant recours à l’équivalent européen du 49.3 », détaille la porte-parole.
Une occasion pour les membres du syndicat d’échanger avec le directeur de la Maison de l’Europe, Olivier Dedieu. « Nous allons pouvoir discuter avec lui de ce que nous voulons qu’il fasse remonter au niveau européen, même si nous ne nous faisons pas d’illusions sur le fait qu’ici, c’est associatif et que cela n’a pas de poids sur le Parlement européen, mais le message pourra quand même être remonté », espère Morgane Bara.
« Ce n’est plus seulement la survie de quelques paysans qui est en jeu »
Cette journée marque ainsi symboliquement 30 années de luttes paysannes. Toutefois, pour la Confédération, les enjeux n’ont pas changé, comme le rappelle la porte-parole : « Cela fait 30 ans que l’on parle de réchauffement climatique, de crise écologique, et nous y sommes. Et pourtant, on ne fait toujours rien contre, voire nos dirigeants appuient sur l’accélérateur. Donc oui, les luttes sont toujours les mêmes, toujours aussi fortes, et de plus en plus vitales, car ce n’est plus seulement la survie de quelques paysans qui est en jeu, mais celle de l’ensemble de la population humaine mondiale. »