À la veille du long week-end de l’Ascension, l’un des plus chargés de l’année sur les routes, la Fondation Vinci Autoroutes publie les résultats de son 16e « Baromètre de la conduite responsable ». Réalisée par Ipsos auprès de 12 100 personnes dans 11 pays européens*, cette vaste enquête annuelle dresse un état des lieux des comportements et représentations des Européens au volant. Elle permet de suivre l’évolution des conduites à risque et des bonnes pratiques pour contribuer notamment à mieux orienter les messages de prévention, dans un contexte marqué par une augmentation du nombre de tués sur les routes en 2025, avec 3 600 personnes décédées (+2,1 %). Quelques conclusions émanent de cette enquête, que voici :
- Des comportements à risque persistants qui confirment une sous-estimation des dangers : 88 % des conducteurs français déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée ; 35 % déclarent qu’il leur arrive de prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués.
- L’ultra-connectivité impacte l’attention des automobilistes au mépris de la sécurité : 62 % téléphonent au volant et 36 % utilisent des applications pour signaler un événement aux autres.
- L’autosatisfaction des conducteurs – « le problème c’est les autres » : 71 % décrivent négativement le comportement des autres conducteurs alors qu’ils sont 98 % à juger positivement leur conduite.
- Les jeunes conducteurs de 16 à 24 ans largement sur-représentés dans les comportements à risque : 49 % envoient ou lisent des SMS (vs. 29 % des conducteurs en général) ou des mails et 6 % d’entre eux conduisent en ayant consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — (vs. 2 % des conducteurs en général). Des chiffres à mettre en parallèle avec la mortalité importante des 18-24 ans sur la route (16 %).
Incivilités au volant : la crainte des autres conducteurs toujours très élevée malgré une légère amélioration des comportements (en italique, chiffres en Occitanie)
- 87% des conducteurs français déclarent avoir peur du comportement agressif des autres conducteurs (= ; 87 %) ;
- 62 % admettent injurier d’autres conducteurs (-1 ; 60 %) ;
- 51 % klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (-3; 49 %) ;
- 29% « collent » délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énerve (-1; 27 %) ;
- 13 % descendent de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur (= ; 13 %).
Respect du code de la route : un accommodement avec les règles, incompatible avec la sécurité de tous (en italique, chiffres en Occitanie)
- 88% déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée (-2; 90 %);
- 66% ne respectent pas les distances de sécurité (- 2 ; 68 %) ;
- 45 % roulent sur la voie du milieu de l’autoroute alors que la voie de droite est libre (+2; 45 %) ;
- 26 % doublent à droite sur l’autoroute (-1 ; 22 %) ;
- 8% n’attachent pas toujours leur ceinture de sécurité (-1; 6 %).
Distracteurs au volant : une augmentation préoccupante des usages qui altère l’attention des conducteurs (en italique, chiffres en Occitanie)
- 77 % des conducteurs français utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (+2 ; 75 %) ;
- 62 % téléphonent au volant (+1; 64%). Plus d’1 conducteur sur 2 (58 %) le fait via un système de conversation Bluetooth avec haut-parleur intégré (+3; 59 %) et 16 % le font avec le téléphone tenu en main (-1 ; 17 %) ;
- 29 % envoient ou lisent des SMS ou des mails en conduisant (= ; 29 %) ;
- 81 % déclarent qu’il leur arrive de détourner le regard de la route plus de 2 secondes lorsqu’ils sont au volant (-3 ; 84 %).
Somnolence et fatigue au volant : des prises de risque aux conséquences trop sous-estimées (en italique, chiffres en Occitanie)
- 35 % des conducteurs français déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués (-4; 35%).
- 65% reconnaissent qu’il leur arrive d’être moins attentifs à leur conduite et que leur esprit vagabonde (66 %) ;
- 28 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant (29 %) ;
- 35 % ne s’arrêtent jamais au cours du trajet pour faire une sieste (35 %) ;
- 41 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de prendre le volant en se sentant très fatigué (37 %).
Alcool, drogues et médicaments : une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes conducteurs
- 7 % des conducteurs (6%) ont déjà pris le volant en état d’ébriété, c’est-à-dire en étant au-dessus de la limite du taux d’alcool autorisé et en ressentant les effets de l’alcool sur leur état physique ou leur perception ;
- 8% ont déjà conduit en ayant consommé des médicaments qui sont susceptibles d’altérer leur vigilance (-4; 8 %);
- 2 % (+1;2 %) conduisent après avoir consommé des drogues (cocaïne, ecstasy, etc.).
Sécurité des intervenants : la règle du corridor de sécurité plus connue et plus respectée mais le risque demeure du fait de son application trop aléatoire
85 % (+ 12 vs. 2020) des conducteurs déclarent connaître la règle du corridor de sécurité ; 87 %). Pourtant, ils sont encore 59 % (-14 vs. 2020; 58 %) à ne pas l’appliquer systématiquement; 52 % oublient de ralentir à proximité d’une zone de travaux (+2; 53 %).
Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation VINCI Autoroutes, commente : « Face aux drames liés à l’insécurité routière qui perdurent d’année en année, tous les conducteurs doivent s interroger sur leur propre comportement au volant. En premier lieu, les auteurs d’infractions majeures doivent mesurer les conséquences tragiques de leurs prises de risques inconsidérées mais chacun d’entre nous doit réaliser que la conduite nécessite un strict respect des règles du code de la route et une pleine attention ».
Les conducteurs français face à leurs voisins européens
- 49% des conducteurs européens admettent injurier d’autres conducteurs (36 % des Polonais; 62 % des Français);
- 82%, soit plus de 8 sur 10, ont peur du comportement agressif des autres conducteurs (71 % des Néerlandais; 87 % des Français: 89% des Grecs);
- 83% dépassent de quelques kilomètres/heure la limitation de vitesse (76 % des Grecs; 88 % des Français;
91 % des Néerlandais);
55 % ne respectent pas les distances de sécurité (46 % des Espagnols; 66 % des Français):
77 % utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (67 % des Espagnols: 77 % des Français
83 % des Néerlandais); - 17 %, soit près de 2 sur 10, déclarent qu’il leur arrive de ne pas attacher leur ceinture (7 % des Belges:
8 % des Français; 37 % des Grecs); - 30% déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués (21 % des Britanniques: 35 % des Français: 44 % des Polonais):
- 5% reconnaissent qu’il leur arrive de prendre le volant en état d’ébriété d’ébriété(2 % des Britanniques et des Tchèques; 7 % des Français; 10 % des Grecs).
*Méthodologie de l’étude :
Pour réaliser cette enquête, Ipsos bva a interrogé du 11 février au 17 mars 2026, par Internet, 12100 personnes âgées de 16 ans et plus, dont 3 600 Français et 700 personnes minimum dans chacun des 10 autres pays sondés (Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Pologne, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie). En France, pour répondre aux objectifs de l’étude, 300 personnes ont été interrogées dans chacune des 12 régions administratives, chaque échantillon étant représentatif de la population de la région âgée de 16 ans et plus. La représentativité de chaque échantillon est assurée par la méthode des quotas.
A propos de la Fondation d’entreprise VINCI Autoroutes:
Créée en février 2011, la Fondation VINCI Autoroutes est à la fois un laboratoire, un observatoire et un outil d’information dédié à l’évolution des comportements. Investie depuis l’origine dans la promotion de la responsabilité individuelle et collective sur la route, elle a progressivement élargi son territoire d’action à l’éducation, au respect de l’environnement et à l’ouverture aux autres par la lecture.