Le SCIH (Syndicat des Commerçants et Indépendants de l’Hérault), aux côtés de son avocat Maître Florent Laroque, a obtenu du Tribunal administratif la suspension de l’arrêté préfectoral visant la boucherie de Montpellier : Le Souk du Maghreb. Laquelle a été inaugurée en 1996 par feu Georges Frêche, ancien maire de Montpellier. Dans un communiqué reçu mercredi 20 mai à la rédaction, le syndicat détaille : « Face à la préfecture de l’Hérault, nous avons engagé une procédure de référé-liberté, une procédure d’urgence extrêmement rapide dans laquelle le juge administratif doit statuer sous 48 heures. Cette procédure a porté ses fruits. Nous avons démontré au Tribunal le caractère profondément incohérent et disproportionné du dossier présenté par l’administration« .
« Ce qui nous dérange profondément, c’est que des commerçants honnêtes, des entreprises historiques et des employeurs déclarés soient mis dans le même sac que ceux qui contournent réellement les règles »
Le syndicat contextualise : « La préfecture avait ordonné la fermeture pour deux mois d’un établissement (Le Souk du Maghreb, ndlr) employant une quinzaine de salariés, au motif d’’emploi de travailleurs étrangers non autorisés à travailler’, concernant trois salariés de son équipe. Or, (….) les salariés concernés étaient déclarés à l’URSSAF ; titulaires de contrats de travail ; bénéficiaires de bulletins de salaire ; et surtout, pour chacun d’entre eux, une demande d’autorisation de travail avait été déposée puis validée par la préfecture elle-même ».
Marouan, représentant régional de Union Indépendant, à la tête de l’une des associations de commerçants de la ville ainsi qu’à la tête du nouveau syndicat SCIH, abonde : « La préfecture ne peut pas, d’un côté, délivrer une autorisation de travail à un salarié et, de l’autre, prétendre que ce même salarié n’est pas autorisé à travailler afin d’ordonner la fermeture d’un établissement pendant deux mois, au risque de faire déposer le bilan à l’une des sociétés les plus anciennes de la ville et, par ricochet, de mettre au chômage une quinzaine de salariés ».
Un mouvement qui entend peser lors des élections de la CCI
Le SCIH déplore par ailleurs : « Ces dernières années, nous avons vu se multiplier les ‘fermetures spectacles’, largement médiatisées et mises en scène sur les réseaux sociaux. Mais ici, nous ne sommes pas face à une structure opaque ou à un commerce fictif. Nous parlons d’une entreprise historique, déclarée, employant une quinzaine de salariés, avec des contrats de travail, des bulletins de salaire et des autorisations délivrées par l’administration elle-même. Que les autorités locales luttent contre les véritables fraudeurs ne nous dérange pas, bien au contraire : nous les soutenons dans ce combat et les en remercions vivement. En revanche, ce qui nous dérange profondément, c’est que des commerçants honnêtes, des entreprises historiques et des employeurs déclarés soient mis dans le même sac que ceux qui contournent réellement les règles. Cette décision du Tribunal administratif est un signal fort ».
Le SCIH, syndicat fraîchement lancé par des commerçants montpelliérains, continue de se structurer. Entouré de professionnels, de commerçants, d’étaliers, de responsables de marchés et accompagné juridiquement par Maître Florent Laroque, le mouvement rassemble des adhérents déterminés à « faire entendre une autre voix du commerce local ». Le mouvement entend désormais peser dans le débat économique local et compte bien prendre toute sa place à l’approche des prochaines échéances consulaires de la CCI…. A noter, l’audience au fond concernant l’établissement Le Souk du Maghreb se tiendra prochainement.