Municipales 2026 : Michel Masson souhaite que « nos enfants puissent rester à Saint-Jean-de-Védas »

jeudi 05 février • 06:37
Michel Masson est candidat aux élections municipales de Saint-Jean-de-Védas à la tête de la liste "Agir pour Saint-Jean". Entretien.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter aux élections municipales de Saint-Jean-de-Védas ?

Je me suis présenté à Saint-Jean-de-Védas car j’ai entendu parler d’un projet de création de trop nombreux logements. Il y aurait entre 400 et 685 logements supplémentaires qui étaient prévus et qui ne favoriseront pas d’abord les Védasiens. On a besoin de logements pour loger nos jeunes et les nouveaux arrivants, mais il faut le faire dans des conditions qui ne dégradent pas trop la qualité de vie de Saint-Jean-de-Védas. On n’a pas suffisamment de structures pour accueillir tant de personnes d’un coup. Il nous faut d’abord faire les structures et après les immeubles.

Alors, que proposez-vous sur cette question du logement ?

Pour l’instant, au niveau de la quantité de logements sociaux, on va dire que nous en avons suffisamment. Moi, ce que je voudrais, c’est que nos enfants puissent rester à Saint-Jean-de-Védas. Pour qu’ils puissent rester ici, il leur faut des terrains à « prix communal ». Mais aujourd’hui, Saint-Jean-de-Védas est devenu trop cher. Il faut garder nos enfants. On est partis sur des projets qui sont d’abord plus structurants, pour absorber toute la démographie galopante de Saint-Jean-de-Védas du fait de sa proximité avec Montpellier. Nous, on veut d’abord permettre à tout ce monde qui est arrivé de pouvoir y vivre correctement. On est plus sur du structurant que sur des constructions immobilières qui ne pourront pas être absorbées dans le quotidien.
Dans cet axe, nous voulons créer un habitat senior, ce que j’appelle plus facilement une maison de retraite, afin de garder nos aînés, auquel seront adossés des logements pour nos jeunes étudiants ou jeunes actifs qui viennent s’installer à Saint-Jean. Ils seront proposés à loyer modéré.

Vous parlez des seniors. Avez-vous d’autres propositions qui leurs sont destinées ?

Oui, nous voulons mettre en place une navette qui ira chercher les personnes âgées à leur domicile pour les amener faire leurs courses par exemple, puis les ramener chez elles. L’idée est de remettre les aînés au centre de la vie locale grâce à ce service.

En parlant de transports, Saint-Jean-de-Védas dispose déjà de nombreux transports en commun. Que proposez-vous ?

Nous voulons tout d’abord créer une piste cyclable qui reliera le centre-ville au terminus de la ligne 5. Concernant le bus, on pourra revoir le type de bus utilisé. Aujourd’hui, le bus numéro 20 fait près de 40 mètres de long et transporte parfois seulement deux passagers. Aux heures creuses, on pourrait mettre en place des bus plus petits, mieux adaptés.

D’autres mesures pour développer les mobilités douces ?

Pour moi, la première des choses, ce sont les pistes cyclables. On en a vraiment besoin. En plus de la piste cyclable qui relie le tramway, nous voulons en créer une seconde du centre-ville jusqu’à Montpellier, en passant par Ovalie, en descendant par le château du Terral. Cette piste devra être sécurisée et remise en éclairage. La dernière piste cyclable, celle qui nous tient le plus à cœur, c’est de relier Saint-Jean à la mer, en rejoignant la piste cyclable existante à Villeneuve-lès-Maguelone, au niveau de la prison.

Un mot sur la circulation ?

Aujourd’hui, entre 7h et 8h du matin, il faut parfois une heure pour sortir de Saint-Jean-de-Védas en voiture. Mon idée, c’est de sortir de Fabrègues en coupant la montagne. Il y a déjà de l’existant : environ 500 mètres de voirie à créer, le reste est déjà cadastré. On passerait sous le pont de l’autoroute pour rejoindre le nouveau rond-point de la zone industrielle de la Lauze, vers la cimenterie. C’est un gros projet, qui coûte environ 1 million d’euros du kilomètre. On est donc sur un projet à environ 3 millions d’euros. Et je pense que c’est une bonne chose de proposer ce projet au vote des Védasiens.

Soumettre des propositions au vote des Védasiens, est-ce une pratique que vous souhaitez développer ?

En effet, il y a certains projets que nous aimerions soumettre à l’accord des Védasiennes et des Védasiens. Toucher à certaines structures ou à de grosses déviations, ça ne peut pas se faire sans l’avis des habitants.
Nous voulons demander leur avis sur certains grands projets avant de les présenter au conseil municipal.

Nous avons parlé de circulation. Quel est votre point de vue sur le Contournement Ouest de Montpellier (COM) ?

Je ne suis pas favorable au COM dans à sa version actuelle. Je suis pour le COM tel qu’il avait été défini au départ, en 2×2 voies, pas plus. Je maintiens que le COM, tel qu’il est prévu aujourd’hui, ne réglera pas les problèmes intra-muros de Saint-Jean-de-Védas. Nous allons subir de plein fouet l’impact du COM sur la vie quotidienne des Védasiens, et nous voulons limiter cet impact au maximum.

Une autre thématique qui vous tient à coeur c’est la sécurité. Pouvez-vous m’en dire plus ?

Entre 2024 et 2025, on a eu une augmentation de 46 % des cambriolages. Ce sont des chiffres de l’INSEE.
Nous proposons un renforcement de la sécurité par le biais de caméras de vidéoprotection. Aujourd’hui, nous avons 44 caméras, mais malheureusement elles ne sont pas toutes opérationnelles. Nous voudrions mettre en place un mur de caméras avec un agent derrière, car la police travaille beaucoup en flagrance. Nous voulons aussi recruter deux policiers municipaux supplémentaires. Nous souhaitons également un accueil continu de la police municipale de 8h à 18h, car beaucoup de personnes âgées ont besoin d’un contact humain pour être rassurées. Nous avons également créé deux points d’écoute.
Un à la police municipale et un en mairie. Et même en dehors des heures de service, un élu prendra le relais de 18h à 20h. Le maire, lui, sera disponible sur rendez-vous tous les mercredis.

Sur la question de l’urbanisme, que proposez-vous ?

Nous allons créer un grand parking en centre-ville. C’est une demande forte des commerçants, afin de rendre leurs commerces plus accessibles. Nous voulons aussi faire revivre la place de l’Ortet avec un vrai marché. Mais je souhaite également que les associations puissent y participer et montrer ce qu’elles savent faire. On va également remettre des bancs, c’est aussi une demande de la population. Nous avons également un projet de complexe sportif et intergénérationnel. Le complexe sportif sera évidemment utilisable par les écoles, par tous les Védasiens, et il pourra aussi aider les présidents d’associations à disposer de locaux supplémentaires.

Une autre thématique importante de votre programme est celle de la santé. Quelles sont vos mesures ?

En urgence, nous allons installer des rafraîchisseurs d’air dans les écoles. La climatisation est une autre problématique. Une étude thermique est en cours depuis deux ans, mais on n’a toujours pas les résultats. Il faut que ça bouge. Nous allons aussi végétaliser les écoles pour faire baisser la température l’été et installer des panneaux solaires.
Nous voulons également créer un pôle médical à l’entrée du centre-ville, à la place de l’ancienne poste. Le plus dur, c’est de trouver un médecin généraliste. Un médecin, c’est environ 800 patients. Nous proposerons donc de loger le médecin sur place, avec un contrat en contrepartie. Il faut aider les jeunes médecins à s’installer.

Comment comptez-vous redonner du poids à Saint-Jean-de-Védas au sein de la Métropole ?

Il faut y aller, il faut s’y investir. Nos prédécesseurs ne l’ont pas suffisamment fait. Il faut être présent, suivre les dossiers. Chaque membre de la liste a bien réfléchi à sa disponibilité. Nous comptons peser de tout notre poids au sein de la Métropole.

Avez-vous des mesures à destination des quartiers ?

Nous voulons remettre en place les voisins vigilants, c’est essentiel. Également, il y aura un élu référent par quartier. Dans notre équipe, une personne habite dans chaque quartier et en sera le référent. Il faut que les gens se connaissent mieux. Nous organiserons des journées entre voisins dans chaque quartier ainsi que de nombreux autres événements comme des vides dressing.

Pour sortir de votre programme, quelle est l’étiquette politique de votre liste ?

Il y a de tout. On n’a pas d’étiquette politique. On ne s’intéresse pas à la politique nationale. Les enjeux des grands partis ne correspondent pas aux attentes des Védasiens. Certains ont une étiquette politique parce que ça leur permet d’avoir un soutien financier ou idéologique. Nous n’avons aucun soutien financier.

Sept listes sont déclarées à Saint-Jean-de-Védas. Quel est votre regard sur ces listes, et des alliances sont-elles envisageables, notamment en cas de second tour ?

Pour l’instant, il n’y a pas d’alliance. Nous avons énormément travaillé sur ce projet et nous sommes très fiers de le porter. Nous avons vu le fiasco politique récent à Saint-Jean-de-Védas, dont le dernier conseil municipal a été le paroxysme. Nous voulons faire autrement. De nombreux candidats faisaient à un moment partie du conseil municipal. Toute cette équipe-là s’est divisée en plusieurs groupes parce que tout le monde a un problème d’égo. Nous ne voulons pas nous mêler de ce genre de choses.

D’autres points à ajouter ?

Oui, nous voulons mettre en place un point d’écoute au CCAS, ainsi qu’en mairie, afin d’accueillir en toute confidentialité les femmes victimes de violences, mais aussi les enfants, qu’il s’agisse de violences familiales ou de harcèlement scolaire. Les personnes seront orientées et accompagnées en toute discrétion. On ne laissera personne dehors. Nous étudions également des solutions de logements d’urgence.
Il y a aussi la question de la salubrité publique. Nous voulons recruter deux Védasiens en tant qu’employés communaux afin de répondre plus rapidement aux attentes des habitants que ne le fait parfois la Métropole. Les agents auront un téléphone dédié afin d’intervenir rapidement, par exemple lorsqu’une branche d’arbre tombe sur la route ou que des bouches d’égout sont saturées. Nous ne voulons pas faire de doublon avec la Métropole, mais être une équipe de renfort et d’urgence.

Quels sont vos prochains rendez-vous ?

Nous avons commencé à distribuer le programme dans les boîtes aux lettres. Nous faisons des déambulations tous les jours et assurons des permanences le samedi au local de campagne.
Notre première réunion publique aura lieu le vendredi 13 mars à 18h, à la salle des Granges.


Antoine Fagant/InfOccitanie.