Ce mercredi 29 avril, deux prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Montpellier : Quentin*, présent dans le box, et Maureen*, jugée libre. Ce couple de fiancés est poursuivi pour des faits de violences aggravées, ainsi que pour vol pour elle et tentative de vol pour lui.
Le président revient d’abord sur les faits. Tout débute le 25 avril 2026, lorsque la police intervient place de l’Europe à Montpellier (Hérault). Un homme affirme avoir été agressé dans le tramway par plusieurs individus, qui lui auraient également dérobé son téléphone portable. Peu après, un groupe correspondant au signalement est repéré par les forces de l’ordre. Une femme s’approche alors des policiers et leur remet un téléphone. Interpellée en compagnie de Quentin, elle nie toute participation à l’agression et met en cause une autre personne, Maureen. La victime, qui s’est vue prescrire cinq jours d’ITT, présente de nombreuses blessures au visage, à l’épaule et au dos.
Un « déchaînement de violence »
Les enquêteurs exploitent ensuite les images de vidéoprotection afin de reconstituer la scène. On y voit le groupe monter dans le tramway et s’installer. La victime, assise devant eux, les réprimande en leur demandant de se taire. Quentin fonce alors vers elle, suivi de Maureen. S’ensuit un « déchaînement de violence » : coups de poing de Quentin, crachat et tentative de vol imputés à Maureen. Un troisième individu, « l’homme à la casquette », participe également aux violences mais n’a pas été retrouvé par les forces de l’ordre. La victime tente de quitter le tramway, lorsque Quentin lui assène un coup de pied « si violent qu’il en est lui-même déséquilibré », estiment les policiers en observant les images.
Sans domicile fixe depuis plusieurs années
À la barre, Quentin présente ses excuses à la victime, absente à l’audience, évoquant un « effet cocotte-minute », lié à diverses difficultés personnelles, dont la perte de son emploi et de son logement. Maureen reconnaît également les faits, admettant avoir craché sur la victime et exprimant ses regrets, tout en affirmant avoir « suivi le mouvement ». Interrogée sur son absence d’intervention pour calmer son compagnon, elle évoque une « explosion commune » sur fond de précarité. Concernant le téléphone, elle indique l’avoir vu au sol sol, l’avoir ramassé puis être partie. Tous deux, déjà condamnés par le passé pour des faits de violences, sont sans domicile fixe depuis plusieurs années. Ils expliquent vivre sous tente avec le frère de Maureen, ainsi que trois chiens et deux rats, et recourir à des associations pour se laver, se nourrir et effectuer des démarches administratives.
Pour la procureure de la République, « leur but était de violenter », rappelant cette scène « extrêmement violente dans un espace clos ». Elle requiert trois ans d’emprisonnement à l’encontre de Quentin et douze mois pour Maureen. La défense insiste sur la situation de grande précarité du couple. L’avocat de Maureen, Me Larivière, estime les réquisitions excessives et demande un sursis probatoire intégral, mettant en avant un rôle secondaire dans les faits. « La victime représente ce regard méprisant (…). Parce qu’on est à la rue, notre vie est ouverte à tout le monde et tout le monde se permet de juger », enchaîne l’avocat de son compagnon avant de demander la relaxe pour les faits de vol et une peine plus mesurée pour le reste.
Trois ans d’emprisonnement pour lui et huit mois elle
Après délibération, le tribunal correctionnel de Montpellier déclare Quentin coupable de tentative de vol avec violences en récidive et en réunion. Il est condamné à trois ans d’emprisonnement, dont deux ans assortis du sursis probatoire avec obligation de soins, de travail et d’indemnisation de la victime. Maureen est reconnue coupable de vol avec violences en récidive et en réunion et condamnée à huit mois d’emprisonnement avec renvoi devant le juge de l’application des peines. À l’issue du prononcé, les deux prévenus fondent en larmes.
*Prénoms d’emprunt