Saint-Jean-de-Védas : Emmanuelle Mysona défend « une liste de Védasiens » pour les municipales 2026

mardi 13 janvier • 07:21
Emmanuelle Mysona est candidate aux élections municipales 2026 à Saint-Jean-de-Védas et conduit la liste "Aimer Saint-Jean ensemble". Entretien.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à ces élections municipales 2026 ?

C’est venu naturellement de ma fonction de conseillère municipale. Je me suis énormément impliquée, avec beaucoup d’énergie, d’envies et de propositions. J’ai rencontré de nombreux Védasiens et Védasiennes, et cela m’a portée. À un moment, je me suis dit : « Et pourquoi pas ? »

Sur le spectre politique, où vous situez-vous ?

C’est toujours difficile à dire. Je me situe plutôt au centre-gauche. Après, les gens de gauche disent que je suis clairement à droite, et ceux de droite que je suis trop à gauche. Toutefois, ma liste est partisane, il y a des gens de tous horizons.

Le COM est un projet assez controversé. Quelle est votre position ?

Pour le coup, j’ai même mon slogan : « Non, pas COM ça ». C’est un projet qui s’est bâti en dépit du bon sens. L’objectif est de créer un contournement et de relier deux autoroutes, mais cet endroit ne s’y prête pas. On ne peut pas relier une autoroute à l’A709, qui a justement été conçue comme un dédoublement pour fluidifier la circulation, à la manière d’un boulevard urbain. Réinjecter du trafic de transit sur l’A709, déjà saturée avec des embouteillages et des difficultés aux sorties, n’a aucun sens. Je ne vois pas pourquoi les véhicules en transit emprunteraient cet axe plutôt qu’un autre. Nous sommes les plus impactés avec 101 familles védasiennes concernées par des expropriations ou des parcelles découpées. Par ailleurs, l’étude d’impact montre bien que la fluidification annoncée pour les communes de l’ouest ne concerne pas Saint-Jean-de-Védas. Cela créerait également une deuxième entrée d’autoroute. Peu de villes ont deux accès autoroutiers, et cela ne peut qu’attirer davantage de circulation. Ce projet n’apportera pas de solution aux problèmes existants, il les accentuera. À l’origine, un autre tracé avait été étudié, passant par Fabrègues. Je le trouvais beaucoup plus pertinent, car il permettait un échangeur pour les villages de l’ouest et pour les Fabréguois.

Quelles mesures proposez-vous pour pallier ce trafic ?

J’aimerais qu’en contrepartie du COM, Saint-Jean-de-Védas obtienne le prolongement de la ligne 2 du tramway en sortie de commune, avec un parking relais. Je souhaite également que l’on se remette autour de la table pour étudier un échangeur à Fabrègues, ou à défaut un parking en sortie de Saint-Jean-de-Védas vers Fabrègues, avec des navettes reliant le parking de Saint-Jean-le-Sec et le tramway, aujourd’hui largement sous-utilisé. Les habitants continuent à venir se garer en centre-ville, ce qui aggrave les problèmes de circulation

Et concernant les transports en commun, avez-vous d’autres propositions ?

La mise en place d’une ligne de bus parallèle, circulant directement sur l’avenue de Toulouse jusqu’au tramway, serait une alternative supplémentaire. Par ailleurs, avec les travaux du COM, le tramway sera supprimé pendant un an. Les navettes partiront uniquement de Saint-Jean-le-Sec. Cela signifie que Saint-Jean-de-Védas est totalement oublié. Il faudra travailler pour que, durant cette période, les navettes puissent partir de plusieurs points de la commune. Les Védasiens ne doivent pas être laissés de côté.

Selon vous, comment Saint-Jean-de-Védas peut parvenir à avoir davantage de poids au sein de la Métropole ?

Il faut travailler les dossiers, s’y investir pleinement et y consacrer énormément de temps, comme pour un mandat de maire. C’est un engagement à 100 %. Pour faire entendre sa voix, il faut faire des propositions, comme je l’ai fait durant ce mandat, même dans l’opposition. Il n’est pas nécessaire d’être majoritaire pour être force de proposition ; quand les idées sont de bon sens, elles sont entendues.

L’éducation est un domaine qui vous tient à coeur, en raison de votre profession de professeur des écoles. Quelles sont vos priorités ?

Nous faisons face à un réel problème. Cet hiver, des écoles se sont retrouvées sans chauffage et connaissent également des conditions difficiles lors des périodes de forte chaleur. Les élèves perdent jusqu’à un mois et demi d’apprentissage par an. Certaines villes ont déjà climatisé leurs écoles. Je défends cette solution. Personne ne travaillerait dans une salle avec 22 à 28 élèves par 30 degrés.
Concernant le périscolaire, j’aimerais la présence d’un ou deux animateurs bilingues anglais, afin que les enfants puissent être exposés à la langue de manière naturelle et auditive. La grande priorité reste l’inclusivité. Les enfants en situation de handicap ou à besoins particuliers doivent pouvoir être accompagnés sur les temps périscolaires par des AESH, qui pourraient avoir un statut d’agent municipal. Certains enfants aux handicaps plus lourds ne sont aujourd’hui pas accueillis en centre aéré, faute de formation des équipes. Je souhaite travailler avec une association montpelliéraine spécialisée pour permettre un accueil inclusif de tous les enfants.

Et du côté de la santé ?

En échangeant avec des étudiants en médecine et des médecins généralistes, j’ai compris que pour attirer des praticiens, il faut créer un centre médical municipal avec des médecins salariés. La façon d’exercer le métier évolue fortement. La création d’un centre médical municipal est une priorité : la santé est un service public qui doit être maîtrisé par la collectivité.

Sur le plan de la sécurité, que proposez-vous pour les Védasiens et Védasiennes ?

Le sentiment d’insécurité varie selon l’âge et les quartiers. Chaque quartier a ses problématiques. Aujourd’hui, des caméras fonctionnent sans surveillance derrière. Les interventions ont lieu après les faits. S’il y avait une présence derrière les écrans, certaines situations pourraient être évitées. Par exemple, au printemps dernier un petit jeune a brûlé huit voitures dans Saint-Jean. S’il y avait eu quelqu’un derrière les caméras, une brigade aurait pu intervenir et peut-être qu’il n’y aurait eu qu’une ou deux voitures brûlées. On aurait vraiment limité les dégâts. Cela implique de renforcer les effectifs de la police municipale et de travailler en lien avec la gendarmerie. Je souhaite également former les équipes à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales.

Quels sont les chantiers prioritaires pour Saint-Jean-de-Védas ?

Le premier chantier est l’embellissement du centre historique : refaire des petites rues pavés , avoir un accompagnement de subventions pour les façades. Saint-Jean-de-Védas manque d’un véritable centre-ville favorisant le lien social. Il manque à Saint-Jean-de-Védas un centre-ville où se fait le lien social. Alors, un premier chantier est refaire la place de l’Ortet, tout en gardant le même nombre de stationnements, et faire le lien jusqu’à l’avenue Clémenceau en passant par le petit passage de l’église. Cela permettra ainsi de réhabiliter toutes ces rues, enterrer les réseaux, les repaver, avec la volonté de piétonniser juste ces rues du centre en laissant un accès riverain.
À l’extérieur, la ceinture verte, que j’appelle l’écrin, doit être protégée de toute urbanisation. Il est hors de question de relier Saint-Jean-de-Védas à Montpellier par des habitations. C’est un travail de long terme, que je qualifie de « Central Park inversé ».

Vous l’avez dit, chaque quartier a ses problématiques. Comment leur donner plus de poids ?

Il faut relancer les réunions de quartier et désigner un élu référent par secteur, identifiable et accessible. On se pose également la question sur un éventuel équipement afin de faire un référendum local afin d’interroger les habitants sur leurs besoins. Chaque catégorie de la population doit pouvoir s’exprimer et trouver un lieu pour le faire.

Comment intervenez-vous auprès des associations ?

Il faut mettre en place des référents capables d’accompagner les associations dans le montage de dossiers, dans la recherche éventuelle de subventions, et ainsi être un apport logistique humain. C’est indispensable.

La question du logement est centrale pour une partie de la population ? Prévoyez-vous des actions ?

Saint-Jean-de-Védas a dépassé ses objectifs du plan local de l’habitat de 28 %. Cela crée des difficultés de lien social, notamment dans certains quartiers comme Roquefraisse. Je pense qu’une pause est nécessaire, même si certains projets sont déjà engagés. En parallèle, la commune a heureusement rattrapé son retard en matière de logements sociaux.

Plusieurs listes de gauche sont déclarées à Saint-Jean-de-Védas ? Quel est votre point de vue dessus ? Des alliances peuvent-elles êtres envisagées ?

Je vous répondrais : pourquoi de gauche ? Ma sensibilité est centre-gauche, mais ma liste rassemble aussi des personnes de droite. Donc je ne peux pas exclure à un moment donnée de faire une alliance avec une liste de droite. Par contre, il y a des choses qui sont exclues, par exemple une alliance avec l’extrême droite.
Alors oui, il y a eu des rencontres avec d’autres candidats, notamment une liste à qui j’ai proposé une gouvernance partagée avec une alternance à la tête de la mairie. Mais cela n’était pas possible pour eux. Nous avons donc choisi de construire un projet libre, sans contraintes. Je ne me considère ni comme une liste de gauche ni de droite, mais comme une liste de Védasiens.

Un dernier mot ?

Cela peut sembler anecdotique, mais c’est important : je souhaite que la ville soit illuminée en fin d’année, avec un véritable marché de Noël en centre-ville et un dimanche piétonnisé.

Quels sont vos prochains rendez-vous ?

Dès janvier, nous entamons des déambulations quartier par quartier tous les week-ends, pour informer sur les projets et présenter notre programme, qui sera dévoilé début février.

Antoine Fagant/InfOccitanie.