La crise s’accentue chez Ubisoft. « Nous faisons grève car on nous empêche de faire notre travail correctement », déplore Clément Montigny, délégué syndical STJV (syndicat des travailleurs du jeu vidéo) d’Ubisoft. Le 21 janvier dernier, la direction d’Ubisoft a annoncé plusieurs mesures qui ont fait monter au créneau les employés et syndicats de l’entreprise. Parmi elles, la fin du télétravail, l’annulation de projets, la fermeture de studio ou encore la mise en place d’un plan de départ volontaire de 200 personnes au sein du siège d’Ubisoft. Les syndicat du mastodonte français du jeu vidéo ont alors appelé à une grève internationale, de trois jours, les 10, 11 et 12 février prochain.
L’arrêt du télétravail, « des licenciement déguisés » ?
Le sujet du télétravail chez Ubisoft est un combat de longue halène pour les travailleurs et syndicats. En 2024, la direction mondiale d’Ubisoft avait annoncé un retour à trois jours de présentiel par semaine. Décision qui avait entraîné des mobilisation massives dans le pays. Désormais, les dernières annonces faites tendent vers l’arrêt total du télétravail. « Il n’y a aucun problème lié au télétravail, ce sont des licenciement déguisés. Avec cette mesure, on cible les personnes qui ont des bas salaire qui doivent payer l’essence pour faire parfois une heure de trajet aller retour pour aller au travail, ou encore les personnes qui on de soucis de santé ou en situation de handicap », déplore Clément Montigny.
Des transformations en haut de l’entreprise
Pour les syndicats, les problèmes proviennent des décisions prises à l’échelle mondiale d’Ubisoft. « S’il faut des transformations c’est en haut de l’entreprise qui faut les faire. Cette gouvernance est insupportable et sabote l’entreprise », fustige le délégué syndical. Selon lui les décisions devraient être davantage prises à l’échelle locale. « Ce sont les gens qui font les jeux vidéo qui savent le mieux comment en sortir », assure-t-il.
« S’ils veulent de bons jeux, il faut des bonnes conditions de travail »
Du côté de leurs revendications, les syndicats exigent l’arrêt de l’obsession sur le télétravail et donc de bonnes conditions de travail « impliquant le respect des libertés fondamentales des salariés et le respect de la liberté d’expression », détaille Clément Montigny. « Un rapport de force sera également mené sur le plan juridique », ajoute-t-il. Les syndicats espèrent alors une large mobilisation qui est déjà soutenue par plusieurs pays dont l’Espagne, l’Allemagne ou encore l’Italie où des mouvements similaires sont organisées en même temps.


