Dans l’Hérault, l’organisation de lotos prohibés fait l’objet d’investigations au fort retentissement local. Le Service interrégional de police judiciaire de Montpellier (SIPJ) mène en effet une enquête d’ampleur après un signalement transmis par la préfecture en novembre 2024. Les faits portent sur l’organisation présumée de loteries prohibées sur la commune de Pérols.
À noter qu’en France, les jeux d’argent sont interdits sauf autorisation de l’État. Des exceptions existent, notamment pour les lotos organisés par des associations, dans la limite de six par an, et à condition que les bénéfices servent exclusivement à faire vivre l’association, sans enrichissement personnel. Une société peut également organiser ce type d’événements, à la condition de reverser les fonds à une association, là encore sans bénéfice personnel.
Un préjudice estimé à plus de 1,5 million d’euros
Selon les éléments de l’enquête, ce cadre n’aurait pas été respecté. La société suspecte aurait organisé des lotos en ne reversant qu’une part très limitée des gains aux associations partenaires. Au début des investigations, le préjudice était estimé à 890 000 euros. Il a été réévalué au fil des mois pour atteindre un peu plus de 1,5 million d’euros. Outre le préjudice financier direct, l’affaire aurait également fragilisé le tissu associatif local. Plusieurs petites associations ont constaté une baisse de fréquentation de leurs propres lotos. Certaines se considèrent également victimes : elles avaient sollicité la société pour organiser des événements en leur nom, mais les sommes reversées se sont révélées bien inférieures à celles initialement prévues.
Les trois gérants jugés le 8 juin 2026
En septembre 2025, trois dirigeants de la société ont été interpellés et entendus. Une somme de 15 000 euros a été saisie sur leurs comptes bancaires. Au regard du montant du préjudice, certaines mesures ont été prononcées par les juridictions. Une saisie pénale a d’abord visé la salle de loto où se tenaient les événements, située à Pérols, pour une valeur estimée à un peu plus de 370 000 euros. Début février 2026, une décision a confirmé la saisie immobilière de la maison de l’un des gérants, située à Lattes, pour une valeur estimée à un peu moins de 500 000 euros. L’enquête se poursuit. Les trois gérants seront jugés par le tribunal le 8 juin 2026.


